La réécriture n’est pas un gros mot
On l’entend souvent comme une sanction.
Comme une preuve que le texte n’était « pas assez bon ».
C’est faux.
La réécriture n’est pas un échec.
C’est un passage obligé.
Le premier jet sert à sortir l’histoire.
À poser les émotions.
À attraper quelque chose de vivant, parfois de brut, parfois de bancal.
La réécriture, elle, sert à clarifier, resserrer, incarner.
À aller chercher la justesse.
À enlever le superflu pour laisser apparaître l’essentiel.
Même les textes qui touchent juste dès la première lecture sont presque toujours passés par là.
Réécrire, ce n’est pas renier ce que l’on a écrit.
C’est l’écouter vraiment.
Alors non, la réécriture n’est pas un gros mot.
C’est le moment précis où le coeur du manuscrit commence à battre vraiment.

